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04/10/2017

Feuilles Libres 1974 -1977

"Aucun Etat ne souhaite qu'il y ait république espagnole, ce qui est un risque de révolution espagnole, car aucun Etat ne souhaite qu'il y ait de révolution quelque part..."
Jean CASSOU ("La Mémoire Courte" - Paris, 1953)
D'où la CONSPIRATION du Silence dénoncée par Camillo BERNERI, éventré assassiné par de prétendus "communistes" et autres "Estat Català" = les fascistes rouges le 3 de Mai 1937 à Barcelone.

En 1976 mise en mémoire dans un dossier de 100 pages dactylographiées, du "modèle" du Franquisme pour l'Europe avec le soutien des USA.
En Novembre 1977, une version résumée (30 pages dactylographiées) en est parue éditée par FEUILLES LIBRES (Agence Indépendante d'Information) coopérant avec HOJAS LIBRES de Barcelone - siège TOULOUSE.
Puis Franco est mort dans son lit, ce qui nous permet de réaffirmer pour toujours que "Tant que Franco est au Pouvoir, nous sommes tous espagnols".

La Résistance semblait être à revoir quand à ses bases.
A ce jour, bon nombre de témoins et d'acteurs de la Révolution de 1936, sont décédés. Mais il nous demeure un impératif DEVOIR de MEMOIRE.

Et quand apparaissent des "brigadistes", possibles authentiques communistes français - car il n'y a sauf exception eu que des "communistes" espagnols staliniens, contre-révolutionnaires et tortionnaires de la Tcheka... qui se mêlent de réveiller une "guerre d'Espagne" et de nous apprendre leur version de la "Résistance"... quand les USA prouvent ce qui était prémonitoirement décrit dans mon dossier "Du Franco-Franquisme à l'Internationale"... même s'il ne suffit pas à tout révéler, il se révèle indispensable à articuler les informations véritables sur la Révolution espagnole afin de faire contre-feu à toute opération d'Histoire mensongère et charognarde.
Le problème s'est toujours posé dans l'autre sens : Jean CASSOU, résistant toulousain de la première heure, blessé au combat contre les nazis en 1943, était un des rares "français" membres de la résistance française de Toulouse de l'époque composée à 90 % de républicains espagnols.

Avant de republier une version augmentée de citations et références essentielles, et de plusieurs chapitres inédits, de ce dossier d'information, en voici le sommaire préfacé tel que en Novembre 1977.

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DU FRANCO-FRANQUISME A L'INTERNATIONALE

Pierre Méric - Dossier d'Information "Feuilles Libres" - Novembre 1977

Depuis plusieurs années nous avons diversement travaillé dans un contexte de solidarité entre libertaires français et espagnols, et il nous fallait mettre au clair une analyse de l'évolution et du rapprochement de nos deux Etats.

Ce travail a été entamé à l'Automne 1975, avec pour but de définir le Franco-Franquisme. Ces deux dernières années ont été riches en enseignements. De plus, il est devenu évident que le sujet de notre étude s'étendait de fait à d'autres pays - principalement la R.F.A. - il fallait donc revoir la rédaction du dossier. C'est pourquoi, bien qu'il constitue un exposé des bases sur lesquelles s'est créée l'Agence "Feuilles Libres", il est publié seulement après que 21 Synthèses d'Information aient été réalisées depuis un an.

Nous avons volontairement réduit les données qui ont servi à élaborer ce dossier, n'en reproduisant qu'un minimum nécessaire à illustrer notre propos.

En effet, le sujet étant, à notre avis, dépassé par un processus européen de rapprochement des formes et des forces des pouvoirs, les pages qui suivent devraient permettre, avec l'élargissement de notre équipe, une recherche débouchant sur une étude collective à éditer en plus grand nombre et sous forme de bouquin (en confiant ce travail à une maison d'édition amie).

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SOMMAIRE

"Libéralisation" et "changement".

- L'Etat National-Syndicaliste

- le Mythe du complot communiste international

- L'Opus Dei ou la Croisade continue

- L'état permanent de guerre

- "Libéralisation" sur ordonnance

- Relations Franco-Franquistes

- Le terrorisme est au pouvoir

- Répression sans frontière

UN MODELE EUROPEEN

- "Boycott" international du Franquisme

- Le Franquisme - un modèle pour l'Europe

- L'appui déterminant des U.S.A.

- Marché Commun Franco-Franquiste

- Europe libérale et Univers du Procès

L'ARSENAL DU POUVOIR

- La "défense des côtes"

- Petits secrets policiers

- La Droite et le Pouvoir

- Des signes avant-coureurs

MASS-MEDIA

L'AGENCE INTERNATIONALE "FEUILLES LIBRES

11/08/2015

SOMMAIRE

bancl74b.jpg



portacls.jpgHistoire Sociale et Commune Libre

AU SOMMAIRE :

Janvier 2010 : ré-édition complétée de "La Commune Libre"

MARS 2013 : BRASSENS LIBERTAIRE &
"DE LA PART DE G.C".
Prenons garde face aux escamotages et récupérations !
Interview Fréquence Mistral 20 septembre 2013 : Ecouter la partie interview format .wma.



20 Textes de Chansons et Poèmes Pierre Méric ... de "La Sociale"

couvlog.jpgDES MAURES AU BAS-VERDON
La transmission des savoir-faire de nos travailleurs ruraux.

cvlv1851.jpgJuin 2011 - Parution de : "d'Un "pays" des Maures au Pays du Verdon - plus d'info !
L'insurrection de 1851, au cœur de la révolution Sociale au 19° Siècle. (Pierre Méric - Printemps 2011)

cltitre.jpgToulouse 1970/74 diverses éditions et directions de
revues avec les antifranquistes dont "Commune Libre".

roseanim.gifSynthèse : Projet d'exposé sur l'expérience constructive de révolution sociale

Du Franco-Franquisme à l'Internationale 1977
(Ré-édition en projet augmentée de nombreuses pages et chapitres inédits)

La Mémoire Courte de Jean CASSOU - 1953

pelotier.jpgFernand Pelloutier et les Bourses du Travail

larueN8.jpg* Article "Prostitution et Révolution des rapports humains" paru dans "LA RUE" N° 8 de l'été 1970 - écrit pendant et par rapport à Villeneuve-du-Bosc. (Revue éditée par le Groupe Louise Michel, N° 8 comprenant aussi en exclusivité le texte intégral " Guesclin - LA MEMOIRE ET LA MER " de Léo Ferré)
Voir aussi article "L'Aliénation" (LA RUE N°4 - 2ème tr. 1969 aux côtés d'un autre texte de Leo Ferré)
larue4im.jpg
belibast.gifEdition en 1972 par BELIBASTE à 3000ex. de "Théorie et Pratique de la Vie en Communauté".
- Extraits Avant-Propos de Raimundo Dinello
des actions pédagogiques actuelles de R. Dinello

Voline.jpgVOLINE LA RÉVOLUTION INCONNUE -
TEXTE INTEGRAL consultable en ligne : INDISPENSABLE !!!

I. Naissance, croissance et triomphe de la révolution (1825-1917)
II. Le bolchevisme et l'anarchie 4. Les deux idées de la Révolution
III. Les luttes pour la véritable Révolution sociale Cronstadt (1921) Ukraine (1918-1921)

TRAVAUX UNIVERSITAIRES DE PARIS I-SORBONNE
SARBONI Edward, Des communautés libertaires de 1968 à 1978 dans le Sud-ouest, Maîtrise sous la direction de J. Sagnes, Université de Perpignan, 1993, 131 p.+annexes Anarchisme, Sud-Ouest
- Sarboni, Edward. – Des Communautés libertaires de 1968 à 1978 dans le Sud-Ouest / mémoire de maîtrise dir. Antoine Prost, Danielle Tartakowsky. – Paris : Université Paris 1, 1993. – 2 vol. 258 p. Bibliogr. – GF.L0064
Il en parle aussi dans une édition de la F.A. : Les années 1968 - 1975 le neuvième volume de la série Increvables anarchistes, ... la vague des communautés dans le Sud-Ouest (Edward Sarboni), ... 52 pages, 2001

yesterdr.gifEPOQUES FORTES ET CREUX DE VAGUE.

3368399744.jpgPOUR UN "MONDE NOUVEAU"
SANS LES LENDEMAINS D'UN "NOUVEAU MONDE" QUI DECHANTENT.

index.jpeg
Edition Italienne 1981 de "La Commune Libre"
et informations sur "La Belle Verte" en Italie.

vmrufrpm.jpg

INSURRECTION POETIQUE
Ou le Printemps des poètes citant Vladimir Maïakovski qui conseillait à Serguei Iessenin des "lendemains qui chanteront"...

diogene.jpg

26/02/2015

Insurrection poétique

Fin du poème de Vladimir Maïakovski

A SERGE ESSENINE (1926)

Traduction Pierre Méric

Voir plus particulièrement la phrase du Printemps des Poètes 2015

« Il faut arracher la joie aux jours à venir. »

vmrufrpm.jpg

Caractéristique d'un partisan bolchévik
voulant convaincre un poète de « lendemains qui chantent »… après la Révolution.
La fin ressemble aux moyens employés pour y parvenir. Si l'insurrection n'est pas poétique, la révolution le sera encore moins.
… et on a bien vu les lendemains déchanter.
Nous lirons et chanterons aussi des contemporains de Maïakovski, Sergei Iessenine (Poésie de 1924), Alexandre Blok (Russie 1908)…


baussan.jpgНадо жизнь сначала переделать,
переделав - можно воспевать.
Это время - трудновато для пера,
но скажите, вы, калеки и калекши,
где, когда, какой великий выбирал
путь, чтобы протоптанней и легше?
Слово - полководец человечьей силы.
Марш! Чтоб время сзади ядрами рвалось.
К старым дням чтоб ветром относило
только путаницу волос.
Для веселия планета наша мало оборудована.

Надо вырвать радость у грядущих дней.

В этой жизни помереть не трудно.

Сделать жизнь значительно трудней.


Il faut d’abord complètement changer la vie,
L’ayant changée, on pourra la chanter.
Ces temps sont difficiles pour la plume,

Mais dites-moi, infirmes et estropiés,

Où et quand, quel grand homme, a choisi
Le chemin, praticable et facile ?
Parole – du guide suprême des forces humaines.

En avant ! pour rompre fermement d’avec les temps anciens.

Des vieux jours le vent nous apportera

Seulement nos cheveux entremêlés.

Pour le bonheur, notre planète est mal équipée.

Il faut arracher la joie aux jours à venir.

En cette vie il n’est pas difficile de mourir.

Donner la vie est considérablement plus difficile.
vmrufrgc.pdf

jbclmtsp.jpgPour le Printemps des Poètes... et en toutes saisons nous chantons aussi Jean CASSOU et Jean-Baptiste Clément.

Jean-Baptiste CLEMENT : par Luc Lafnet (Auteur du "Temps des cerises", militant ouvrier et chansonnier : 1836 - 1903)

31/10/2013

Pour un Monde Nouveau sans les lendemains d'un "nouveau monde"... qui chante

« Luttes »… partout ?… mais peu ou pas « construction », Commune Libre dans la vie quotidienne, en expériences collectives. Que penser du « Monde Nouveau » de Pierre Besnard ?
Application du projet de société en interne ? dans la vie de chacun des membres ? chez lui ? dans « la Cité » ? au sein d’autres structures « citoyennes ». ?


espoir71.jpg« Lutte des classes » - question mal, voire jamais posée

On compte sur la prise en mains par les travailleurs de l’organisation de toute la société.
En fait depuis plusieurs dizaines d’années, les « prolétaires » sont attirés de gré ou de force dans et par la « Société Malade ».
Au travail, partagés entre les victimes de sa paupérisation (chômeurs, précaires, partiel, intérimaires, SMIC à perpète, SDF) et ceux qui parviennent au confort en mitant le territoire rural, avec l’envie de devenir bourgeois, contremaître, supérieur au pauvre voisin, misant tout sur le standing, l’apparence du « bonheur » et pire « conjugal », les enfants suivant des « cours » de musique, de danse et autres « signes extérieurs de réussite ».
Ces « prolétaires » qui devaient « scientifiquement » faire la Révolution par leur Dictature, en majorité, font de l’antagonisme de classes un tremplin pour leur réussite égocentriste, et voteront bientôt Front National, motivés par une « peur » de spectateurs, vivant souvent dans des quartiers et des villages où « la violence » provient du voisin immédiat et de l’ennemi qui a une plus belle voiture et ose rouler sur « ma » route où je me croyais tout permis.
Phénomène similaire chez les « artistes » et autres déçus « de n’être pas connus », qui « pourtant ils chantent » et dénoncent le show-business, comme un mal,.. en fait par jalousie, avec le secret projet de rejoindre « le haut de l’affiche » et l’olympe des vedettes.
Et quand l’ouvrier se fait propriétaire, actionnaire, voleur de terre « au soleil »… qu’aura-t-il à faire des « analyses » concentrées sur la « lutte des classes ».
Il y a bien d’autres phénomènes qui suscitent (et espérons-le toujours plus) la Révolte autant individuelle que collective, liés à la qualité de la vie de chacun, de ceux qu’il aime, et par instinct grégaire propre aux êtres vivants, de l’avenir de la Terre visible immédiatement dans la nature et « la vie que nous menons ». Nul besoin de guides du peuple ou d’être suprême pour s’en apercevoir.

Comment je vis et constate « le capitalisme ».

3368399744.jpgAvec l’expérience des Grands Chemins depuis 1977 : voir certaines chansons comme « La Retraite » mettant en évidence une COLONISATION de la côte dite d’Azur et de notre Terre liée à notre travail et à nos vies profondes, par des parvenus enrichis sur le dos des autres (nos frères exploités) qui ont les moyens « d’acheter » au pays de cocagne, sans l’aimer si ce n’est comme objet de consommation extérieur (carte postale), avec la collaboration des « Païsans Pouarcs » et autres provençaus réactionnaires.
Nos révoltes contre les larbins, les « apprentis-bourgeois », la COLLABORATION de nombre d’humains « prolétaires », rêvant d’être, puis devenant, actionnaires (même « petits »), propriétaires jaloux…
Une proportion grandissante chaque jour d’individus à la fois « prolétaires » et « capitalistes » de fait et par conviction : la « lutte des classes » se retrouve en chacun, en y ajoutant une couche de fascisme, on devine la difficulté à entreprendre de tracer ce chantier.
A REVOIR ! impossible de les (nous) couper en tranches.
Le CAPITAL à son origine est un effet de la naissance de la Propriété (« c’est le vol ! ») et constitue un des éléments du désordre à combattre – seulement UN parmi bien d’autres : rien à voir avec la marque MARX.
Tout « anarchiste » imbibé de marxisme devrait admettre que le substitut ne fait pas le génie.
1945 : Les services des Bourses du travail, comme le Secours Mutuel et les bureaux d’embauche, passent aux mains de l’Etat. Auparavant, la motivation est l’entraide, la protection mutuelle… Après c’est presque l’Amour au nom de Dieu et pas par amour de l’autre, c’est la « protection » étatique pour mieux fidéliser, tenir les citoyens-ouailles… / / On nous apprenait à l’Ecole, du moyen-âge, la logique du rapport entre le seigneur-chevalier et les serfs-paysans qui se mettaient « à l’abri » contre les barbares et autres concurrents, dans le château-fort, pour aussi le défendre, y compris en se sacrifiant pour… le seigneur lui-même.
Les ETATS issus de l’escamotage marxiste, génétiquement produits par l’idéologie marxiste, devaient nécessairement être construits selon ce moule moyenageux : pour nous, au moins depuis la création de l’Internationale à Londres, c’était déjà une évidence dans le texte et dans les faits. (voir Dieu et l’Etat).

Epoques fortes et creux de vague.

L’explication habituelle basée sur des exemples que je cite depuis X années avec en fond le rôle, la fonction de la « minorité agissante », des structures permanentes à disposition le jour venu des vagues montantes, en l’attente, avec patience et devoir de développement des idées, des analyses, des outils… basés sur la mémoire,… prenant en compte l’évolution de nos sociétés.
La Révolution ne se décrète pas, même dans des situations où nos forces sont importantes.
Quand la vague retombe, il faut persévérer ; d’autant plus que le Pouvoir plus ou moins « nouveau » réprime, se réinstalle en maître, utilise l’événement dans sa phase de recul en procédant à un plébiscite.
jbclmnet.jpgChez nous depuis 1851, le mouvement ouvrier international s’était développé en débordant sur le début du XXème siècle ; la guerre y mettra « bon ordre » en assassinant les pacifistes conscients du stratagème (Jaurès avant, les réfractaires après…)
En Espagne en 1934, des grèves insurrectionnelles se produisant, la tentation de généraliser ne réussira pas. Puis, le 19 juillet 1936, la Révolution se produit d’elle-même face à la « rébellion » franquiste partie du Maroc contre la République.
Pourtant, les effectifs du Mouvement ouvrier et social étaient plus que conséquents : sur 29 millions d’habitants à l’époque, le syndicat UGT proche du PSOE comptait plus de 730.000 adhérents, la CNT anarcho-syndicaliste Un million d’adhérents, la FAI (Fédération anarchiste ibérique) 50.000 militants ; en Mai 1937 les effectifs étaient DOUBLES !
yesterdr.gifEn France, en MAI 68, le repli accompagné de satisfactions « alimentaires » est mis à profit aux législatives où le Parti Communiste perd 500.000 électeurs alors qu’il avait pris le train en marche…
L’évolution de la Culture, de la Musique… suivent ce même type de processus.
Autour de Mai 68 (phénomène international) se manifestent une richesse et une inventivité, une beauté foisonnante, une réussite de l’éducation pour tous (le niveau de la culture générale contribuant à la force de l’époque)…

diognico.jpgDans la 2° moitié du XIXème siècle, de très grands poètes, musiciens, artistes… les impressionnistes… progrès accélérés des sciences et techniques, construction des structures du mouvement ouvrier, des mouvements pour l’éducation laïque pour tous, pour la libre-pensée et les droits de l’homme,….PUIS : le show’ biz va prendre tout ça en main (en comptes lucratifs…) – en fabriquant des artistes vedettes par l’emballage, le marketting, le bastringue, la soupe populiste… les plagiaires de couche en couche successives, goûtant au pouvoir de la médiocrité en l’assaisonnant jusqu’à nos jours de « z », de « k »… (sous le charme de l’image croix gammée ?) de créations superficielles et essoufflées… d’œuvres graphiques et plastiques prétendument « modernes » et « de valeur » inférieures au niveau créatif des enfants de la Maternelle.

Créer aujourd’hui en 2011 des chansons comme l’Auvergnat ou La Montagne, constitue tout bonnement un acte caractérisé de RESISTANCE.
(…)
Dominique Sampieri - p. 270 – « … à chaque génération, les idéaux de la Révolution et de la République, après avoir longtemps couvé, étaient prêts à rejaillir à chaque grande convulsion sociale comme les journées de juillet 1830 et de février 1848 l’avaient montré, et comme le montreront mars 1871, le printemps 1936, l’été 1944 ou encore Mai 1968. Il faut dire que ces journées éclairent particulièrement la question toujours actuelle : la Révolution et l’avènement de la République sociale ne peuvent pas se faire par la seule conquête du pouvoir d’état mais surtout par la volonté politique majoritaire de transformation profonde des structures économiques et sociales existantes et l’intervention citoyenne. »
pas par le pouvoir d’Etat… vagues et creux de vagues…

(extraits de : D'un " pays " des Maures au Pays du Verdon (ESSAI) L'insurrection de 1851, au cœur de la révolution Sociale au 19° Siècle. (Pierre Méric - Printemps 2011)

Nouvel an au CREUX DE VAGUE
Pierre MERIC (Chanson) 28 Décembre 2001



L'olivier se meurt de froid
Les blés resteront en terre
Sous le vacarme et le poids
Des marchands et de leurs guerres

Nos musiques "dépassées"
Dont la beauté les dépasse
Triomphants les boutiquiers
Aux "Grands Chemins" font la chasse

L'Espaventau en exil
D'hommes seuls en fourmilière
Tient les clefs de l'Utopie
Pour leurs enfants en colère

Des managers patentés
Grands corbeaux du creux de vague
Sur nos murs ont édicté
Leur croye en mauvaises tagues

L'époque est à la terreur
Des Zéros et leur Kulture
L'archi-type est un dealer
Gagneur de mauvais augure

... Mais ...
L'Espaventau en exil
D'hommes seuls en fourmilière
Tient les clefs de l'Utopie
Pour leurs enfants en colère…

06/10/2013

com Anarchosyndicalisme novembre 2013

Délocalisations, finances, économie Un point de vue hétérodoxe

Dimanche 6 octobre 2013, par cnt // 86. Economie

espoir71.jpgEn ces temps de crise aggravée, on peut constater au niveau mondial un regain des luttes et une relance de la réflexion autour de la nécessité de dépasser le capitalisme. Cependant, dans ce contexte, les fausses routes involontaires sont aussi nombreuses que les pièges mis en place par les alliés objectifs du capitalisme pour détourner les exploités de leur nécessaire objectif (c’est-à-dire la disparition du capitalisme et de l’État).

Cet article n’a pas pour vocation de définir le chemin lumineux que doivent suivre les exploités dans leurs luttes mais de participer à l’indispensable débat autour de certains enjeux actuels qui, dans la période que nous vivons, sont vitaux pour les travailleurs.

Ainsi, une question reste en France d’une actualité brûlante. C’est celle des délocalisations. Pour les ouvriers qui la subissent, c’est un drame. Leur réaction peut de ce fait être virulente et immédiate. Nombreux sont les ouvriers qui comprennent alors qu’ils ont été dupés, qui ont la volonté de ne pas ne se laisser faire et qui tentent de lutter pied à pied contre leur patron pour préserver leur emploi. Cependant, ces luttes qui pourraient être intéressantes, font souvent l’objet de récupérations politiciennes par des gauchistes de tout poil, voire par des partis de gouvernement dont le discours va de « achetons français » à « l’interdiction des délocalisations ». Ces positions sont fallacieuses et ne doivent pas tromper les travailleurs, nous allons tenter de voir pourquoi.

Tout d’abord, qu’est-ce qu’une délocalisation ? C’est tout simplement pour un patron un moyen d’augmenter son profit. Comment ? En diminuant la part des salaires dans ses coûts de production. C’est pourquoi, au niveau global, une délocalisation c’est une hausse du taux d’exploitation des travailleurs. En effet, si des emplois sont perdus en France, ils sont créés dans un autre pays. Mais dans des conditions bien pires (que ce soit au niveau des salaires, de la protection sociale, des conditions de travail). Il s’agit donc bien d’une accentuation de l’exploitation au niveau international. Les déplacements géographiques mis ainsi en place par le patronat, non seulement diminuent la masse salariale et créent une pression toujours plus grande sur tous les travailleurs mais permettent également à celui-ci de diviser profondément le prolétariat : dans un pays, des ouvriers perdent leurs emplois, mais dans un autre des gens souvent dans la misère peuvent en espérer un et améliorer ainsi leur niveau de vie lamentable. Le patronat crée ainsi une fracture au sein des exploités, en créant de toutes pièces des intérêts momentanément divergents. De là une première réaction épidermique  : le repli sur soi, et sa traduction politique, la monté des nationalismes (nationaux ou régionaux). En revendiquant le maintien de l’emploi en France, les syndicats glissent souvent dans un discours nationaliste véritable poison pour les exploités. La lutte des ouvriers de Fralib contre la délocalisation des usines de thé Eléphant nous en fournit un exemple avec le slogan mis en avant par la CGT  : « Le thé de l’Eléphant est né il y a 120 ans à Marseille, L’Eléphant est français, en Provence il doit rester. ». Dans ce slogan, on remarquera qu’il n’est nullement fait mention de l’exploitation que vivent les salariés. L’argument n’est plus que l’entreprise doit rester en France pour que la délocalisation ne ruine pas des familles, mais parce que c’est une entreprise « historiquement » française. Ce discours, en plus de nier la place fondamentale de l’exploitation dans une délocalisation, entretien dans la population les sentiments chauvins.

De même, le gouvernement met actuellement en avant la relocalisation. Phénomène inverse de la délocalisation, il serait un remède aux problèmes économiques actuels. En réalité, les problèmes soulevés sont les mêmes, dans l’autre sens géographique  : des ouvriers seront licenciés dans les pays d’où reviennent les usines, renvoyés à une affreuse misère. Et nous ne devrions pas nous en sentir solidaires ?

Ce point, pourtant fondamental au niveau mondial, n’est jamais pris en compte par les syndicats, trop contents qu’ils sont de pouvoir jouer le jeu du patron en se félicitant des emplois obtenus. Jamais ils ne disent que, s’il y a des frontières pour les exploités, il n’y en a pas pour le capital, que c’est justement là que réside le problème et que ce qui importe ce n’est pas tant la «  délocalisation » ou la « relocalisation » mais le fait que, partout dans le monde, cesse l’exploitation, souvent éhontée, des travailleurs.

cntait31.jpg


Comment articuler cet objectif à long terme (disparition du capitalisme et de l’État) et les contraintes du moment (nécessité de « gagner sa croûte »)  ? Il me semble, et je le propose au débat, qu’une réponse partielle envisageable est la gestion directe. Sans croire qu’il s’agisse d’une panacée. Appliquée à une simple usine, elle ne remet pas en cause le système. Elle ne met pas à l’abri des risques de réapparition de rapports de pouvoir (nous avons pu le voir dernièrement avec les mésaventures de travailleurs de chez Agone, maison d’édition en principe autogérée, où se sont mises en place des techniques de management tout à fait capitalistes). Mais elle permet au moins aux ouvriers de survivre et de se donner du temps.

Il serait vain de croire qu’une stratégie défensive suffise. Comme nous l’avons vu, le problème des délocalisations doit se penser à l’échelle internationale. Et pour répondre à une attaque à cette échelle, nous devons nous organiser en conséquence. Seulement, cela, le capital, l’État et leurs complices syndicalistes et politiques ne le veulent pas. Jouer la carte de la solidarité internationale pourrait, à terme empêcher le capital de circuler «  convenablement  » et empêcher les patrons de majorer sans fin leurs bénéfices en délocalisant à leur convenance. En clair, si pour le patronat et les économistes aux ordres, la «  solution est de baisser le coût du travail en France  » (c’est-à-dire démanteler littéralement la protection sociale, réduire les salaires, augmenter le temps de travail et en dégrader les conditions), la réponse pour nous est à l’inverse : augmenter partout dans le monde le niveau de vie des travailleurs et l’égaliser par le haut.

Autre « faux débat » qui anime les mouvements sociaux et politiques  : la critique de la finance. Celle ci est accusée de tous les maux. L’encadrer fermement permettrait de faire gagner en pouvoir la classe ouvrière. Ici aussi, rappelons quelques évidences. Avant d’être un moyen pour les spéculateurs de faire des profits astronomiques, ce que l’on appelle « la finance » est d’abord pour le capitalisme un moyen de faire se rencontrer l’offre et la demande d’investissement. Dans ce système, des petits malins ont compris qu’il y avait possibilité de faire des profits monumentaux sans créer de richesse par le travail. Cette activité parasite ne compromet pas fondamentalement le rôle initial de répartition des ressources d’investissement assigné aux marchés financiers.

On entend souvent parler de «  dictature des marchés financiers ». En fait, quand une entreprise se voit fixer comme but de dégager un haut niveau de profit, ce n’est pas tant à cause de «  la dictature des marchés financiers »,qu’à cause de la dictature des actionnaires. Ces derniers entendent encaisser le maximum d’argent sans autre effort que de pressurer à fond les travailleurs (pour augmenter les bénéfices) sous la menace de délocaliser ou de vendre l’entreprise si leurs objectifs ne sont pas atteints. En réalité, ce n’est pas un « marché » mystérieux et impersonnel qui provoque la catastrophe sociale que nous connaissons, ce sont les actionnaires par les contraintes qu’ils imposent.

Le marché si souvent décrié n’est que l’institution qui permet aux décisions des actionnaires de prendre effet rapidement. S’attaquer aux «  marchés financiers  » sans souligner la question de la propriété des moyens de production, c’est s’attaquer à des moulins à vent. Le pouvoir a tout intérêt à cette chimère. Faire croire que le mal vient des «  marchés  » et d’eux seulement, c’est éviter que la population pose la question réellement révolutionnaire : pourquoi l’outil de production appartient-il à quelques individus, au lieu d’être propriété de la société toute entière ? La position de certains députés socialistes en 2011 (dont un certain J.M. Ayrault) dans le projet de « Taxe sur les transactions financières en Europe » est illustrative du cas. Il y est dit : « L’hypertrophie des échanges financiers résulte notamment de comportements d’acteurs qui ne cherchent pas à contribuer au financement des activités de production ou à la couverture des échanges, mais spéculent pour leur simple profit, au moyen d’outils de plus en plus sophistiqués, protégés par une opacité empêchant les pouvoirs publics de vérifier la pertinence de ces transactions ». Ce qui est vrai, mais nulle part il n’est question d’une quelconque remise en cause de la propriété privée des moyens de production. Les socialistes regrettent seulement que les capitalistes ne soient pas de gentils capitalistes qui exploitent gentiment leurs ouvriers, et qu’ils préfèrent utiliser leur argent à jouer au casino financier. Au fond, les projets d’encadrement des marchés financiers n’ont pour objectif réel que de mieux faire fonctionner le capitalisme, donc l’exploitation.

Posons-nous maintenant la question de la «  lutte contre la finance internationale  », cette «  finance sans visage et sans nom  », pour citer le Parti de Gauche. Souvent associé aux critiques que nous venons de voir précédemment, elle permet au pouvoir d’essayer de nous faire croire que c’est par son côté international que la finance est dangereuse. Elle serait l’instigatrice des délocalisations et de la dégradation de nos conditions de vie. Mais parler de lutte contre la finance internationale, c’est implicitement accepter que la finance nationale serait moins nocive, voire à encourager (ce qui serait de toute façon le cas si des mesures de protectionnisme étaient mises en place). Au vu de ce que nous avons dit précédemment, cela revient automatiquement à reconnaître aux capitalistes nationaux une valeur politique supérieure à celle des capitalistes étrangers. Or, s’il est une chose que près de trois siècles de lutte contre le capitalisme nous ont apprise, c’est que français ou étranger, un capitaliste est un exploiteur. Les patrons et les actionnaires, qu’ils soient français, américains ou chinois, restent des vampires pour les exploités.

Accuser la finance internationale de ce qui arrive à la Grèce ou à l’Espagne n’a aucun sens. Ce sont les créanciers, les patrons et les politiques qui sont responsable de ces naufrages. Certainement pas une entité floue, nommée « finance internationale », dont on ne sait pas trop ce qu’elle est parce qu’aucun de ses ennemis n’a jamais pris la peine de la définir. Mais cela permet de maintenir la croyance qu’un patron et un ouvrier, parce que français, auraient des intérêts communs.

Enfin, troisième et derniers «  faux ami  »  : l’agriculture. On lit souvent, notamment dans le milieu anarchiste, qu’il faut revenir à une agriculture «  paysanne  », avec le même souci que pour la finance  : on ne peut trouver aucune définition du mot «  paysanne  » quand il concerne l’agriculture. On peut déduire du contexte que l’agriculture «  paysanne  » serait une agriculture opposée à l’agriculture industrielle. Cette idée qu’on peut juger belle n’est cependant pas développée. S’agit-il de revenir aux formes traditionnelles de culture et de propriété  ? Si les cultures traditionnelles ont un avantage certain en terme écologique (de part la variété des cultures et l’intégration de celles-ci à leur environnement), la forme économique qui lui est associée pose question. En défendant une agriculture traditionnelle, défend-t-on les vielles formes de propriété de la terre  ? Et quelles vielles formes  ? L’agriculture a toujours été l’apanage de grands propriétaires fonciers  : seigneurs durant l’ancien régime, bourgeois après la révolution, par le fermage. Si une agriculture plus individuelle a pu exister, cela n’a été que transitoire ou marginal. Plus encore l’a été la pratique de terres communales exploitées par l’ensemble du village.

Les formes traditionnelles d’agriculture sont de plus fortement enracinées dans un imaginaire nationaliste fortement nuisible à toute tentative d’émancipation. C’est encore une fois la porte ouverte à toutes les compromissions et toutes les attitudes interclassistes. L’agriculture, activité humaine primordiale doit faire l’objet de toutes les attentions des révolutionnaires. Cependant, nous devons examiner avec soin les luttes émanant de ce secteur, car les positions potentiellement réactionnaires sont fréquentes et il est parfois difficile de faire le tri entre ce qui est une revendication révolutionnaire, et ce qui est une revendication purement corporatiste. Il ne faut pas oublier que des structures agricoles alternatives existent et qu’elles peuvent faire l’objet de dérives graves (voir l’article « Les Versaillais du Larzac »).

En évoquant rapidement ces trois questions, nous avons pu voir que la tactique du pouvoir est souvent la même  : mettre en avant des positions nationalistes et interclassistes. Tout ceci a un but évident  : éviter de s’attaquer à la racine du problème, à savoir le capitalisme. A une époque où, malgré la crise, les profits se calculent encore en milliards, l’essentiel est d’être capables de poser un rapport de force avec les capitalistes. Cela passe nécessairement par poser la question de la propriété des moyens de production, et surtout cela passe par notre capacité à poser des actes de solidarité effective entre exploités, cela quels que soient nos origines et lieux d’habitation. Toute concession à un pseudo «  réalisme économique  » n’est en fait qu’une concession faite aux patrons et aux capitalistes.

12/08/2013

La Commune Libre 1972

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Préambule et conclusion de "La Commune Libre" (Pierre Méric) dans "Théorie et Pratique de la vie en communauté" avec Raimundo Dinello - Bélibaste 1972

portacls.jpgApparemment, un traduction italienne de la partie Pierre Méric "Commune Libre" a été éditée en 1981 (98 p.) à Ragusa par Altamurgia/La Fiaccola sous le tire "La Comune Libera"... avec ce commentaire : "Contro la borghesa e lo stato una via alla rivoluzione libertaria".
Egalement, une annonce d'édition au Pays de Raimundo Dinello en Espagnol. par
nordan-comunidad editorial cooperativa uruguaya http://www.nordan.com.uy/
Teoría y práctica de la vida en comunidad Raimundo Dinello/Pierre Méric

JANVIER 2010 : Edition papier et/ou numérisée de "La Commune Libre" et "Du Franco-Franquisme à l'Internationale" avec annexes et actualisations par Les grands chemins.

NOTE en PREFACE à l'EDITION 2010

" La Commune Libre " a été publié en 1972 à 3000 exemplaires, par BELIBASTE (Paris 6°) au sein d'un volume regroupé avec le témoignage de Raimundo Dinello (Comunidad del Sur - Montevideo Uruguay) sous le titre " Théorie et Pratique de la vie en communauté " sans contrat d'édition ni ISBN. Epuisé depuis très longtemps, je n'en dispose plus que d'une photocopie.
A ma connaissance (et sans que j'ai pu être sollicité en préalable, ni disposer de copies…) une traduction italienne de la partie "Commune Libre" a été éditée en 1981 (98 p.) à Ragusa par Altamurgia/La Fiaccola sous le tire "La Comune Libera"... avec ce commentaire : "Contro la borghesa e lo stato una via alla rivoluzione libertaria". Egalement, une annonce d'édition au pays de Raimundo Dinello en Espagnol. Par nordan-comunidad éditorial cooperativa uruguaya : " Teoría y práctica de la vida en comunidad Raimundo Dinello/Pierre Méric "
L'expérience et les perspectives qui en découlent apparaissent toujours d'actualité ; même quand il s'agit de coordonner les projets communautaires dans l'esprit du syndicalisme des origines ; avec une réserve toutefois en ce qui concerne les structures existantes issues de l'histoire du Mouvement Ouvrier.
Il est également certain que ces écrits " datent " quelque peu… mais certains savoir-faire passés se révèlent souvent utiles.
La réflexion a déjà été entamée en particulier au moment de l'étude d'Edward SARBONI en 1993. Elle est loin d'être exhaustive ! d'ailleurs la présente publication n'a pas pour but de lancer à elle seule cette réflexion, mais bien plutôt de la faciliter en lui donnant matière.

larueN8.jpgIl convenait d'y ajouter quelques ANNEXES DOCUMENTAIRES.
* Article "Prostitution et Révolution des rapports humains" paru dans "LA RUE" N° 8 de l'été 1970 - écrit pendant et par rapport à Villeneuve-du-Bosc. (Revue éditée par le Groupe Louise Michel, N° 8 comprenant aussi en exclusivité le texte intégral " Guesclin - LA MEMOIRE ET LA MER " de Léo Ferré)
* AG FA Juin 1970 (Limoges) (citée par E. SARBONI) Extrait débat " Problème des communautés "
* Le Bulletin de l'Association Les Grands Chemins fin 84 faisant référence ouvertement à la Colonie d'Aiglemont et aux Communautés pour définir nos objectifs...
* Quelques unes de mes chansons des années 80 parlent très exactement des faits qui précèdent (O.LL.A., L'ADHESION, BACCHUS, L'INSEPARABLE... et enfin Villeneuve-du-Bosc de 1998). A découvrir sur les pages du site : http://www.lesgrandschemins.fr
* Extraits mémoire de maîtrise Université de Perpignan : Edward SARBONI 1993 : " Des communautés libertaires de 1968 à 1978, dans le Sud-Ouest "

N° téléchargeable au format pdf sur le site du Groupe Louise Michel.

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D'un " pays " des Maures au Pays du Verdon - 1851 - 2011

roseanim.gifD'un " pays " des Maures au Pays du Verdon (ESSAI) L'insurrection de 1851, au cœur de la révolution Sociale au 19° Siècle. (Pierre Méric - Printemps 2011) Une version revue et corrigée, "bouclée" est présentée le 22 octobre !


Sur la base du travail accompli, nous allons proposer parallèlement à la diffusion publique de l’ESSAI, une intervention CAUSERIE /RECITAL CHANSONS en territoire du Verdon et alentours.
(voir sommaire ci-joint)
Indispensable! pour permettre à chacun d’effectuer librement son choix, pour une connaissance vécue et toujours vive de l’événement, par-delà les miroirs déformants qui, tout en fournissant nombre de faits et détails sur l’histoire locale et les personnes, procèdent à des “commémorations” relevant de points de vue très particuliers et par conséquent discutables.
(Voir notre compte-rendu détaillé : les documents, images et articles de presse cités sont disponibles sur notre site)

L'objectif était d'analyser et mettre en évidence le fait de l'événement 1851, de son origine et son implication dans l'évolution sociale en territoire du Verdon, déjà lié pour ce qui concerne le Var à la remontée " des Maures au Verdon ", et surtout reflet comme partie prenante d'un mouvement global, exemplaire en faveur d'une espérance d'actualité à caractère universel.

Les pages qui suivent n'ont rien de définitif : elles s'appuient sur des documents disponibles, à compléter, soumettre à critiques, à satiété… une vision du Socialisme et du Mouvement Ouvrier qui peut déplaire à certains qui fonctionnent sur d'autres schémas, ou " plaire " à des partisans proches du socialisme anti-autoritaire ou de la culture occitane de Provence mais n'allant pas au-delà des partis,… et sont faites pour susciter une confrontation permanente ouverte contribuant modestement à progresser vers cet idéal qui a fait se lever les insurgés de 1851.

cvlv1851.jpg1) INTRODUCTION ...............................................................................3
- En croisement avec l'Histoire, la mémoire vive des Méric des Maures…...... 4
- "GAGNER SA VIE DE SES DIX DOIGTS" ............................................7
- " LA RETRAITE " Chanson 1979 ...........................................................8
2) Autour de l'Insurrection de 1851 ........................................................... 9
3) L'insurrection de 1851 reliée à l'Histoire évènementielle comme sociale ...15
4) Evolution de 1852 à 1971 … Proudhon… ............................................18
- l'EGLISE… ........................................................................................ 20
5) Le Mouvement Social : naissance du socialisme organisé
- les " sociétés secrètes " ......................................................................... 22
6) Les phénomènes et mécanismes que l'on retrouve ailleurs, dans l'espace
et dans le temps,… interférences entre l'évènementiel et l'action permanente,
les expériences constructives,…................................................................ 25
- " Nouvel an au creux de vague " Chanson 2001 .......................................30
7) Miroir déformant des récupérations à posteriori ......................................31
- " ERDNA " Chanson 2002 ................................................................... 38
- Lien délibéré du Conseil Général du VAR entre l'insurrection de 1851
et la Commune de 1871 (Novembre 1871)..................................................39
sourpich.jpg8) Des Maures au Verdon ........................................................................ 41
"On ne vend pas la terre sur laquelle les hommes marchent" ........................ 45
" Marché Commun " Chanson 1979 - " Mon Beau Village (Blues pour Varages) "
Chanson 1983 - " Ballade pour Maurice Janetti " Chanson 2005 .................... 46
9) Jusqu'à aujourd'hui et vers demain ............................................................ 48
Mythe de l'Espaventau - " L'Espaventau dei cordelas " Chanson 1982 ............ 52

roseanim.gifBien avant qu'un Parti n'adopte le poing et la rose, nous avions célébré en 1971 à Toulouse la Commune par le symbôle ci-dessus : "Soyez en sûrs, elles refleuriront les communes libres !". Voir page 26 : Spécial 100° de la Commune de 1871

espoir71.jpg


Format A4 - 52 pages + couvertures - Disponible sur demande : Les Grands Chemins
- Chemin de la Palud - Route d'Esparron - 04800 St-Martin-de-Brômes Tél. 04.92.74.85.81 -
Réalisé afin de participer à un projet du Parc Naturel Régional du Verdon pour la 160ème de l'insurrection de 1851 : " un soulèvement pour la République "

DEMANDER UN EXEMPLAIRE INDIVIDUEL EDITION "BOUCLEE" ESSAI 1851

1851 = 4 aquarelles de Sylvie Sidlarewicz : ©Les Grands Chemins Juin 2011
1851sid.jpg
LE PROJET " CHANSON " 2011 fait suite à Chansons des Pays du Verdon 2005-2006 et le travail de 2001 " appel " du 8 Juin 2001
Un groupe et un répertoire de départ… Groupe de base : Sylvie Sidlarewicz (Chant), Claude Giovanella (Contrebasse), Pierre Méric (Chant, Guitare, Auteur-Compositeur)

Voir un extrait d'actualité très significatif : EPOQUES FORTES ET CREUX DE VAGUE, avec la chanson : Nouvel an au creux de vague

"La Montagne RE-Fleurira !"
Chansons des Grands Chemins Chansons Pierre Méric
Des titres disponibles...selon chapitres A lire et écouter...
9 - Ballade à Maurice Janetti 7 - Mon Pauvre (le manutentionnaire)
1 - La Semaine Sanglante (J.B. Clément) 7 - Bacchus
9 - La Montagne (J. Ferrat) 8 - La Retraite
2 - ERDNA (Résistance) 9 - L'Espaventau -
3 - O.LL.A... 9 - Blues pour Varages
1 - Hymne à Martin Bidouré (Ricard-Sumien) 8 - Blues Gris
3 - Nouvel an au creux de vague 4 - La Communauté de V.d.B.
9 - Marché Commun 6 - Pays du Bonheur
3 - L'Adhésion 6 - La Moto/Terre et Liberté
2 - Jean CASSOU 2 - Mon Pote Merveilleux
>8 - Blues de la Garde à vue 9 - TESTA D'ANEM

peinard.jpg


Hymne à Martin Bidouré (Ricard-Sumien)
Transmis par Maurice Janetti - député-maire de St-Julien-le-Montagnier - le 1° Janvier 1999,
Musique Printemps 2001 - composée par Pierre Méric


CE PROJET EST IMPLIQUE DANS LE PROGRAMME DU PARC DU VERDON 2011 :
"1851, UN SOULEVEMENT POUR LA REPUBLIQUE"

10/08/2013

Textes de Chansons et Poèmes Pierre Méric ... de "La Sociale"

Ces chansons sont extraites du recueil de textes et toutes déposées/interprétées auprès de la SACEM : toute utilisation publique est possible en respectant les déclarations de droits d'auteurs.

MAILLE.jpg"C'était Mon Beau Village..."

Cent Poèmes et Chansons - 1968-1998
© Pierre Méric - Les Grands Chemins Mars 2000


logogch.gif L'Adhésion
Bacchus
Blues pour Varages
Déposition Blues
Erdna
L'Espaventau
Frères sur six cordes
Joue ma flûte
RETRAIT2.jpg Ligne 68
Marché commun
Le Papillon d'Automne...
Mirau
Mon Pote Merveilleux
Mon Pauvre
Nouvel an au creux de vague
O.LL.A.
Le Prisonnier
Terre et Liberté
Un dernier printemps
La Retraite
Villeneuve du Bosc 1970

Disponibles sur la page des Grands Chemins

Lettre à tout militant socialiste

Pierre Méric 7 septembre 2013
A tout militant pour le Socialisme

Lettre ouverte
Honte à l’obscurantisme conquérant.


La liste est trop longue des méfaits des christianistes dans l’Histoire !
Toutefois, la résurgence de leurs noyautages aux allures bien-pensantes, nécessite de notre part quelques rappels significatifs pour éviter encore « la mémoire courte ».
les « croisades » assassines, le glaive d’une main les évangiles de l’autre : sans omettre celle contre les albigeois et le Mythe de la Croisade de Franco.
L’inquisition, l’oppression contre l’Intelligence, pour maintenir les peuples dans l’ignorance (Galilée, Copernic, Miguel de Unamuño…) – les autodafés …
Les Saint-Barthelemy
Les conquêtes d’Amérique du Sud avec génocide des peuples
Les ententes cordiales avec les tyrans : Napoléon III, Franco,…
L’OPUS DEI alias la Santa Mafia et son programme de façade de libéralisation du Franquisme
Les croix demeurant au-dessus du bureau des enseignants en Alsace…
La compagne de mon copain républicain espagnol d’Extremadure, qui pendant dix ans après le coup d’Etat franquiste, était contrainte d’assister à la messe, crâne rasé sauf une queue de cheval teinte en rouge…
Ma grand-mère bretonne orpheline, chez les « bonnes-sœurs » entre 4 et 18 ans, cousant, brodant, avec interdiction de lever les yeux, ou d’apprendre à lire, écrire ou compter…
Mon grand-père « parisien » né de père inconnu, «pris en charge » à 4 ans par les jésuites, et qui a préféré tourner le dos sur son lit de mort pour bien marquer sa « dernière volonté » à la «sœur »…
Et puis très récemment les « monseigneurs » qui ont bravé la légalité républicaine en prenant la tête des manifestations contre le droit au mariage pour tous.

brlib.jpgTout ça, et puis cette nausée devant si peu de révoltes, quand un marchand christianiste se permet d’envisager un « Saint ( ?) Georges » Brassens : en omettant le bon conseil de St-Georges : rester couverts … entre autre pour lutter contre la propagation du SIDA, contrairement aux diktats des papes successifs.

Nous tolérons leur droit à l’exercice de leurs religions dans le cadre de la République et au nom de la laïcité constitutionnelle, tout en connaissant pertinemment les risques d’embrigadement (faire croire qu’on croie aux jeunes enfants, aux nécessiteux malheureux sur Terre détournés vers « le ciel »…).
Mais il nous faut prendre garde aux cumuls des genres : un responsable religieux ou politique prenant une responsabilité de même niveau dans une Association, un Syndicat, un Parti, un festival… pour s’en faire un rouage à des fins de prise de pouvoir. Et surtout en ce moment !

diognico.jpgAprès avoir usurpé la représentation exclusive de l’Etre Suprême (au cas où il existerait), en éliminant par le massacre ou la magouille les mécréants et autres « infidèles » affranchis, concurrents et/ou sceptiques par rapport à leur boutique… ainsi que le font leurs boutiques concurrentes.
Voilà qu’ils s’approprient maintenant l’hommage à Georges Brassens - tranquillement, sachant que le premier concerné n’a plus la possibilité de donner son avis.

Les chansons de Brassens lui-même sont un démenti flagrant à la disposition de chacun.

Nous ne leur céderons pas la Place… publique !
No pasaran ! A las barricadas !
Aux socialos.pdfBrassens libertaire.pdf

09/08/2013

FERNAND PELLOUTIER

pelotier.jpgFERNAND PELLOUTIER (1867 -1901) - Fondateur de la Fédération des Bourses du Travail

Les services créés par les Bourses du travail peuvent se diviser en quatre classes :

1) le service de la mutualité, qui comprend le placement, les secours de chômage, le viaticum ou secours de voyage, les secours contre les accidents ;

2) le service de renseignements, le musée social, les cours professionels, les cours d'enseignement général ;

3) le service de la propagande, qui comprend les études statistiques et économiques préparatoires, la création des syndicats industriels, agricoles et maritimes, des sailors'home, des sociétés coopératives, la demande de conseils de prud'hommes, etc. ;

4) le service de résistance, enfin, qui s'occupe du mode d'organisation des grèves et des caisses de grève, et de l'agitation contre les projets de lois inquiétants pour l'action économique.

(Fernand Pelloutier, 1895)

sur le rôle social de l'Art :

C'est l'ignorance qui fait les résignés. C'est assez dire que l'art doit faire des révoltés. A la perception encore confuse de l'égalité des droits, l'art doit apporter son aide et détruire, en en dévoilant le ridicule et l'odieux, le respect mélangé de crainte que professe la foule encore pour les morales inventées par la duplicité humaine.

Car tout est là. Dévoiler les mensonges sociaux, dire comment et pourquoi ont été créées les religions, imaginé le culte patriotique, construite la famille sur le modèle des monocraties, inspiré le besoin des maîtres, tel doit être le but de l'art ; s'identifier avec l'éducation, tel doit être son objectif ; déterminer la révolte, telle doit être sa fin.

La Bourse du travail a été cette école de l'économie sociale ; c'est incontestablement aux échanges d'idées faits dans son sein qu'est due l'évolution profonde produite depuis quelques années dans l'esprit des organisations ouvrières.

CNTgauche.jpg(Fernand Pelloutier 1896) - Qui était Fernand Pelloutier

Le Syndicalisme authentique est toujours vivant !
CNT - 39, rue de la Tour d'Auvergne - Paris 9°

Citations de Fernand Pelloutier

Fernand Pelloutier

(1867-1901)

"Nous sommes des révoltés de toute les heures, des hommes vraiment sans Dieu, sans maître, sans patrie, les ennemis irréconciliables de tout despotisme moral ou matériel, individuel ou collectif, c'est à dire des lois et des dictatures (y compris celle du prolétariat) et les amants passionnés de la culture de soi-même."


Issu d'une famille d'obédience monarchiste, Fernand-Léonce Emile Pelloutier naît à Paris le 1er Octobre 1867.
A l'âge de 12 ans, il quitte la capitale pour Saint-Nazaire où son père, fonctionnaire des postes, vient d'être nommé. Interne d'une pension religieuse, il tente deux fois de s'en échapper. Il en est définitivement chassé pour avoir écrit une violente diatribe anticléricale. Ses séminaristes voient déjà en lui un esprit insoumis, imbus d'idées subversives.
A 19 ans, ayant échoué au bac, il abandonne ses études et se lance dans le journalisme. Au sein de la "Démocratie de l'Ouest", journal de tendance républicaine-radicale, il fait campagne pour la candidature de son ami : Aristide Briand. En parallèle, il écrit dans plusieurs feuilles littéraires où ses talents de romancier sont reconnus de tous. En 1889, cependant, Pelloutier doit stopper net toute intervention journalistique et littéraire. La maladie qu'il a contracté étant enfant l'oblige en effet à se retirer deux ans à la campagne. Son état de santé est déjà inquiétant.
A son retour en 1892, tandis qu'il accepte de réintégrer la rédaction de la "Démocratie de l'ouest" ses idées ont néanmoins sensiblement évolué. Son républicanisme originel s'est mué en socialisme. Pelloutier adhère au Parti Ouvrier Français (P.O.F.) de Jules Guesde dont il crée la section locale : 'L'Emancipation". La même année, il est l'auteur avec Briand d'une brochure " De la révolution par la grève générale". De cet écrit allait dépendre l'évolution finale de Pelloutier vers le syndicalisme révolutionnaire. Inspiré par Joseph Tortelier, un ouvrier menuisier anarchiste, Pelloutier conçoit la grève générale "comme arme pacifique qui frappera le plus sûrement et le plus rapidement la féodalité capitaliste". Le refus de la violence peut s'expliquer par le souvenir sanglant de la Commune. Toujours est-il que Pelloutier confie aux bourses du travail le soin de collecter les fonds, le temps nécessaire pour les travailleurs de mettre la bourgeoisie aux abois.
Quoique naïf quant aux chances de faire triompher une action révolutionnaire par la simple asphyxie des possédants, cette idée n'en revêt pas moins un intérêt certain : celui de faire avancer dans la conscience collective des exploités l'idée de la grève générale expropriatrice comme méthode de lutte. Celle-ci triomphe au congrès de Tours et de Marseille, puisque des motions en faveur de ces propositions sont votées à l'unanimité.
Cette double victoire est synonyme de défait pour Jules Guesde qui depuis le début avait combattu cette méthode pour lui préférer" la conquête des pouvoirs publics". Le vote des deux congrès marque en tout cas une date importante pour le mouvement ouvrier : elle signifiait la remise en cause de la suprématie guesdiste. En même temps, Pelloutier rompait définitivement avec le POF.

Vers le syndicalisme d'action directe...

En 1893, Pelloutier se retrouve à Paris où il suit sa famille. Là, il se tourne vers les Allemanistes et les anarchistes dont les idées se rapprochent désormais des siennes. Il découvre l'écrivain libertaire Augustin Hamon, qui le met en relation avec Emile Pouget. Il collabore à divers revenues: "L'Aurore","L'art Social", mais aussi au "Journal du peuple" de Sébastien Faure.
Gagné aux idées anarchistes, Pelloutier redéfinit sa position initiale sur la grève générale. Au congrès de Nantes(1894), il précise sa pensée : pour triompher celle-ci ne sera pas nécessairement une grève généralisée. Pourvu qu'elles se concentre aux quelques branches industrielles stratégiques, elle désorganisera la production pour finalement paralyser l'appareil d'Etat et son corps répressif. Mais l'évolution notoire de sa pensée réside dans le fait qu'il n'envisage plus cette grève comme une simple "grève des bras croisés". Pour lui, le recours à l'offensive insurrectionnelle n'est plus banni, ne serait-ce que pour répondre à la phase contre-révolutionnaire que ne manquaient pas de lui imposer la réaction.
Mais à la différence des blanquistes pou qui la révolution n'est l'affaire que des seuls "révolutionnaires professionnels" auto proclamés "direction révolutionnaire", Pelloutier entend embrasser derrière elle la grande majorité de la population laborieuse.
Ultime évolution, Pelloutier dénonce dorénavant les grèves partielles comme coûteuses et stériles. Cette position sera communes aux syndicalistes révolutionnaires jusqu'à l'aube du XXéme siècle; et il faudra attendre l'arrivée de Grifuehles et de Pouget à la tête de la C.G.T. pour que le climat change. Alors, à condition d'être bien conduite, la grève partielle sera considérée comme "la meilleur des gymnastique révolutionnaires". Pelloutier est de plus en plus séduit par l'action syndicale. Mais s'il a théorisé la notion de grève générale, encore faut-il doter la classe ouvrière des moyens d'y parvenir.

Secrétaire de la fédération des bourses du travail.

Depuis 1892 se sont développées deux types de structures visant à réaliser l'unité prolétarienne :
- La Fédération Nationale des Syndicats, d'une part, à dominant guesdiste, elle groupe verticalement les syndicats par métiers.
- La Fédération des bourses du travail de France de l'autre, elle a pour vocation de rassembler horizontalement ville par ville les syndicats. A son origine, deux pôles rivaux du POF : Les Allemanistes du POSR et les blanquistes DU Comité révolutionnaire Centrale.
En 1895, Pelloutier est nommé secrétaire unique de la Fédération.
Sans entrer dans le détail des différents congrès qui se font suite, l'attitude de Pelloutier à l'égard u mouvement ouvrier est triple :
- Première tendance, c'est l'attention particulière qu'il attache à exclure du champ syndical les guesdistes et leur prétention hégémonique. Soucieux de l'unité du mouvement et de l'indépendance de celui-ci à l'encontre des "politiques", Pelloutier parvient à ses fins. Aux Congrès de Nantes (1894) et de Londres (1896), sa motion sur la grève générale est votée tandis qu'il porte sur les militants du POF un discrédit durable. Les apôtres d'un syndicalisme inféodé aux impératifs d'une pseudo "avant-garde" sont défaits.
- Deuxième tendance, c'est l'attitude plus que méfiante nourrie par Pelloutier envers la C.G.T.. Cette dernière née de l'unification des deux structures syndicales au congrès de Limoges (1895) impose une direction contraire aux vues du secrétaire de la Fédération des bourses. Partisan de la suprématie des bourses sur les syndicats de métiers, Pelloutier constate le peu de place qui leurs est consacrée dans l'organigramme de la nouvelle confédération. Cela, il ne peut le tolérer, d'autant que l'on ne nier chez lui un certain "patriotisme" d'organisation qui le rend des plus sectaires. Jusqu'à sa mort il affirmera l'autonomie de sa fédération vis à vis de la C.G.T..

- Troisième attitude, elle a trait au rôle qu'il joua en faveur de l'entrée des anarchistes dans les syndicats.Dans deux articles ("Lettre aux anarchistes" et "L'anarchisme et les syndicats ouvriers") il dressait un bilan sans complaisance de l'action militante des libertaires.
En pleine période "bombiste" (1892-1894), il avait condamné " les gesticulations irresponsables de la secte ravacholienne". En même temps, il dénonçait les discussions "byzantines" des courants multiples et variés du mouvement libertaire qui en sclérosaient l'implication au coeur de la lutte des classes. Pour lui, l'heure n'était plus aux attentats individuels et désespérés, et encore moins aux discussions de salon. L'heure était à l'action militante au sein des masses, d'autant que celles-ci étaient ouvertes aux idées anti-autoritaires depuis l'éviction des guesdistes.

Organisation, éducation et action syndicale.

A la tête de la fédération, Pelloutier s'adonne à un travail sans relâche de construction. Sous son secrétariat, le nombre de bourses ne cesse de croître : pour 33 en 1894, on en compte 81 en 1901. C'est que ces bourses, par leur vocation et leur fonction, apparaissent aux yeux des exploités bien plus efficaces et complètes que les simples syndicats de métier. Pour Pelloutier les bourses du travail sont l'expression du syndicalisme intégral.
Conçues comme des organisations de solidarité, les bourses sont dotées de divers services de mutualités : bureaux de placement, caisses de solidarité, caisses de maladie, chômage, décès...
le but étant de fournir à la classe ouvrière des institutions propres, indépendantes de l'État, ces services habituent les travailleurs à ne compter que sur eux-mêmes.
Enfin la bourse par son rôle de résistance et d'apprentissage de la solidarité est le pont idéal entre revendication immédiate et espérances de demain. Pelloutier insiste sur l'usage de l'outil statistique qui permettra aux ouvriers dans la société post-capitaliste de, non seulement appréhender les besoins, mais aussi de contrôler et d'organiser l'échange des produits. Et pour avoir été "une école d'économie sociale", les bourses en seront les agents de base de production.
Aux idées de fédéralisme, de libre association ou encore d'autogestion ouvrière s'opposent viscéralement les conceptions autoritaires des guesdistes. Rien en tout cas chez Pelloutier et les Socialistes Révolutionnaires n'évoque la "geôle collectiviste" de l'État soi disant ouvrier dans laquelle Guesde entend enfermer et asservir le prolétariat. Et à la conquête des pouvoirs publics Pelloutier répond par l'action directe et autonome des opprimés.

"Instruire pour révolter"

Mais pour prétendre un jour se passer d'un gouvernement et d'un État, la classe ouvrière se doit d'être éduquée. Partant du constat qu'il lui manque " la science de son malheur", Pelloutier insiste sur la nécessité de son auto-éducation, condition sine qua non pour " susciter en elle la révolte".
Les bourses se voient ainsi dotées de bibliothèques où les ouvrages les plus divers "rivalisent de génie" : Smith, Marx, Proudhon , Kropotkine, Zola, Bakounine. Des cours élémentaires et professionnels sont mis en place afin de lutter contre la déqualification dont est victime le travailleur. Enfin Pelloutier, à travers son "Ouvrier des deux mondes" propose aux exploités un organe militant leur permettant de lutter à armes égales contre la bourgeoisie sur le terrain spécifique de l'analyse économique.
Mêmes soucis pédagogiques dans son ouvrage " La vie ouvrière en France" qui dresse un tableau sombre de la condition de la population laborieuse. Pelloutier est notamment amené à s'interroger sur la revendication du temps de travail, la condition des femmes et la surexploitation dont elles sont victimes, la mortalité, l'alcoolisme.. Inlassable dévoué à la cause révolutionnaire, Pelloutier voit son oeuvre injustement récompensée.
Obligé de cesser la publication de l'ouvrier des deux mondes, il désespère d'offrir aux travailleurs une revue digne de ce nom. Malade et confiné à la plus extrême précarité, il vit que des 100 francs par mois qu'il reçoit de la Fédération. Il ne doit son salut temporaire qu'a l'aide de son vieil ami Georges Sorel qui lui trouve un emploi à l'office du travail.
Décrié, critiqué, insulté par ses anciens collaborateurs qui lui reproche de s'être vendu à un organisme dépendant du ministère du travail, Pelloutier meurt le 13 Mars 1901.
Avant tout "âme d'un constructeur", père du syndicalisme d'action directe, Pelloutier ne reniera jamais ses idées.